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8 novembre 2020

E prucessiò di a Simana Santa in u 1905


Les coutumiers des paroisses de Pianu et Casalta rédigés en 1905 nous donnent une idée assez précise de la vie liturgique quotidienne de nos villages à cette époque. 

Pour la Semaine Sainte, une description quasi-complète de nos processions du Jeudi Saint et du Vendredi Saint est faite par l’abbé Gabrielli, desservant de la paroisse de Pianu, alors que le curé Valentini de Casalta nous les retrace dans un style plus télégraphique. Il est à regretter l’absence du coutumier de la paroisse de Silvarecciu qui nous aurait donné un troisième regard complémentaire de ces moments où les trois communautés se visitent mutuellement.

Voici donc cette description du point de vue de Pianu :


Procession du Jeudi Saint.

Dans la soirée du Jeudi Saint, ordinairement entre six et sept heures du soir, on reçoit dans l’église la confrérie de Silvareccio qui, venant de Casalta, termine processionnellement ses visites par l’église de Piano

Pour cette réception les confrères de Piano s’avancent jusqu’au bout de la place de l’église, munis de la croix qui sert à l’exercice du chemin de la croix et de quelques bâtons dorés et ils font la haie à la confrérie de Silvareccio, ce qui se pratique toutes les fois qu’une confrérie étrangère à la paroisse vient visiter processionnellement l’église. 

Durant ce temps le curé de la paroisse se tient sur le seuil de la porte d’entrée de l’église en habit de cœur et en étole violette. Lorsque le curé de Silvareccio vient à entrer à l’église, il l’accompagne et le conduit au prie-Dieu qu’il lui aura fait préparer devant l’autel où se trouve le Saint Sacrement. 

Les confrères de Silvareccio chantent quelques strophes des stations de Metastasio (1) ou quelques versets du Miserere (2); puis s’il n’y a pas sermon le curé de Silvareccio récite les cinq Pater et les cinq Ave habituels, et l’oraison Respice (3). 

L’oraison terminée, le départ commence. Le curé de Piano accompagne le curé de Silvareccio jusqu’au bout de la place de l’église, puis il rentre à l’église pour se retirer chez lui.

Procession du Vendredi Saint.

Le lendemain matin de très bonne heure, ordinairement à six heures du matin, on se réunit à l’église paroissiale pour se rendre processionnellement à Casalta d’abord et à Silvareccio ensuite. 

Durant le trajet de Piano à Casalta on chante le Miserere et à la fin de chaque verset, tous les fidèles chantent le Miserere nostri Domine

À Casalta, après le chant de quelques strophes de Metastasio ou de quelques versets du Miserere, le curé de Piano agenouillé devant l’autel où se trouve le Saint Sacrement, récite cinq Pater et cinq Ave suivis de l’oraison Respice

Après ces prières a lieu le départ pour Silvareccio. La confrérie de Casalta se joint à la confrérie de Piano et cette dernière se place en tête de la procession, poste qu’elle ne quittera plus que sur le territoire de la paroisse de Piano. Là elle devra céder le pas à la confrérie de Casalta

Les deux curés de Piano et de Casalta marchent ensemble et suivent immédiatement les derniers confrères. À Silvareccio les chantres des deux confréries chantent quelques strophes de Metastasio ou quelques versets du Miserere, puis l’un des curés de Piano ou de Casalta récite les oraisons habituelles. 

Immédiatement après, on se rend à Piano où les chantres de Casalta chantent et le curé de la même paroisse récite les oraisons habituelles. Cela terminé les confrères de Casalta regagnent leur paroisse et les cérémonies du Vendredi Saint commencent dans l’ordre prescrit au Missel.


 

Prucessiò di u Ghjovi Santu, da u Silvarecciu - 1905



Prucessiò di u Vènneri Santu, da u Pianu - 1905


Volt’è gira è voga tondu

Vue d’en haut, on note immédiatement le caractère cyclique de ces processions reliant plusieurs villages, conformément à cet usage très répandu en Castagniccia et plus largement dans toute la Corse. Ici de surcroît, le sens de rotation s’inverse d’un jour sur l’autre, évoquant immanquablement a granitula qui s’enroule et se déroule dans une symbolique très forte de fin et de renaissance du monde mais dont le sens profond nous échappe encore aujourd’hui. Ce sens de rotation, sûrement pas dû au hasard, semble vouloir marquer un peu plus cette signification mystérieuse qui trouve certainement  ses racines dans un passé préchrétien.

On peut d’ailleurs noter que le clergé ne fait aucune mention d’a granitula, toujours pratiquée aujourd’hui à Casalta et Silvarecciu, alors qu’il donne des précisions sur les rites d’accueil confraternels, les chants, … Il est peu probable, on peut dire impensable qu’elle ne fût pratiquée à cette époque. Nous pensons plutôt que le clergé se cantonne à relater les usages les plus conformes aux dogmes de l’Eglise, évitant ceux plus éloignés, peut-être même tolérés à contrecœur ?

    

Accolta è fratellenza

Ces visites obéissent au principe de l’accueil de l’étranger sur son propre territoire, entre les membres du clergé entre eux, et les confréries entre elles dans des rituels bien distincts, mais identiques sur l’ensemble du temps liturgique bien au-delà de la Semaine Sainte. 

Lorsqu’une confrérie étrangère arrive sur le territoire, les confrères en tenue et munis des croix et bâtons de procession les accueillent en ligne, formant une haie d’honneur appelée ailleurs a parata. Une fois les visiteurs passés, les accueillants leur emboîtent le pas, s’incluant eux-mêmes dans la procession menée par les premiers. Ainsi toute l’animation sera à la charge de la confrérie visiteuse (granitula, chants, qui pourront être partagés, …). Et lorsque deux confréries processionnent ensemble, on cédera le passage à l’entrée de son propre territoire à celle devenue visiteuse. À son départ, cette dernière sera accompagnée jusqu’aux limites du territoire par la confrérie accueillante.

Ces pratiques résument à elles seules toute la pensée confraternelle basée sur l’accueil, le respect et la recherche de la paix entre les communautés.


Trè cunfraterne, duie prucessiò

Le Jeudi Saint, la confrérie de Silvarecciu se met donc en mouvement pour visiter les sépulcres de Casalta et Pianu. Le vendredi, celles de Pianu et Casalta vont ensemble visiter celui de Silvarecciu.

Pianu et Casalta évoluent donc dans un même mouvement mené par Pianu, alors que Silvarecciu évolue seule. Il faut en chercher les sources dans le passé du territoire de Cappella d’Ampugnani, toujours formé en 1646 de deux communautés, celle de S. Agostino de Silvareccio d’une part, et celle de S. Maria Natività, parocchiale a due ville dont les fonctions liturgiques sont partagées entre les oratoires de S. Rocco dello Piano et la Nunziata alla Casalta. Ce dernier, en accueillant le Saint-Sacrement, devient paroisse à part entière alors que San Rocco gardera longtemps son titre de vici parocchiale di Santa Maria.

Statuti di a cunfraterna di u Pianu - 1714


La trace la plus ancienne des confréries de Cappella remonte à 1714 lorsque la Confraternità delli disciplinati di Santa Croce del Piano d’Ampugnani rédige (plus probablement réécrit) ses statuts. Un article ajouté en 1731 atteste qu’elle regroupe les fidèles des deux ville de Pianu et Casalta. C’est donc là qu’il faut sans aucun doute trouver l’explication de ce mouvement processionnel commun transmis jusqu’à nos jours et conduit par le groupe portant à l’époque le titre de la confrérie unique, Pianu.

La fondation future d’une confrérie à Casalta (attestée en 1884) indépendante de Pianu, ne modifia pas l’usage ancestral des processions de la Semaine Sainte entre nos trois villages.       


Messe è Uffizii

C’est cette fois-ci le curé Valentini de Casalta qui nous renseigne un peu plus sur les autres rites de la Semaine Sainte : 

Le Mercredi Saint. À quatre heures du soir (de l’après-midi) Matines et Laudes. On prépare le reposoir pour le lendemain. Le curé a l’habitude de donner à boire à ceux qui ont travaillé au reposoir.

Jeudi Saint. À dix heures messe chantée. Chaque feu apporte une lampe pour brûler devant le reposoir. À trois heures du soir (de l’après-midi), Matines et Laudes. On reçoit la procession de Silvareccio à six heures du soir.

Vendredi Saint. À sept heures du matin on reçoit la procession de Piano ; celle de Casalta s’y joint pour se rendre à Silvareccio et à Piano pour visiter les reposoirs ; au retour office du jour, adoration de la Sainte Croix, messe des Présanctifiés (4) ; à quatre heures du soir Matines et Laudes.  

Samedi Saint. À neuf heures bénédiction du feu, chant de l’Exultet (5), lecture des prophéties, renouvellement des fonds baptismaux, chants des litanies, messe chantée. À une heure du soir bénédiction des maisons.

(Dimanche de) Pâques. À dix heures grande messe, sermon. À trois heures, bénédiction du T. S. Sacrement. 

Même cérémonie pour le Lundi de Pâques.


Comme on le sait, les confréries ont la charge d’animer et chanter les offices religieux en plus des processions. On reconnait ceux-ci sous le nom de « Matines et laudes » portant le nom d’Office des Ténèbres durant le Triduum pascal (Jeudi, Vendredi et Samedi Saints). On chantait les Ténèbres du Jeudi Saint au soir du Mercredi Saint, celles du Vendredi Saint au soir du Jeudi Saint et celles du Samedi Saint au soir du Vendredi Saint. 

Mais c’est lors de l’office dit le jeudi soir qu’un grand chandelier à 15 cierges, appelé triangle ou herse, était placé dans le chœur, et les cierges éteints peu à peu au rythme des antiennes chantées tout le long de cette longue cérémonie jusqu’à ce que retentisse dans l’église plongée dans l’obscurité u fracassu, le vacarme évoquant le tremblement de terre et la confusion au moment de la mort du Christ. La fin de l’office est censée être à la nuit tombée.

Mais on peut se demander si à Casalta les confrères ne célébraient pas cet office de jour plutôt que de nuit, les Matines et Laudes débutant tous les jours à 4 heures de l’après-midi sauf le jeudi où il se concluait avant 6 heures pour recevoir la procession de Silvarecciu. Il en est de même pour Pianu qui attendaient la procession moins d’une heure plus tard. Quant à Silvarecciu, de retour chez eux vers 8 ou 9 heures du soir, il est probable que l’office ait eu lieu avant la procession, et donc également de jour.

Malheureusement rien dans la mémoire orale ne nous renseigne sur ces offices des Ténèbres célébrés en Cappella. Seul un chandelier à 15 branches demeure dans la chapelle S. Austinu de Silvarecciu, unique relique d’un riche passé ...



Un sèculu dopu

Au lire de ce témoignage saisissant datant d’il y a plus d’un siècle, nombreuses sont les mutations subies par ces pratiques que l’on pense pourtant gravées dans le marbre. 

Le clergé en est absent depuis longtemps. Les confréries ont disparu à l’après-guerre. Mis à part Perdono mio Dio, tous les chants ont été substitués par des cantiques en français. La dépopulation du village de Pianu a entrainé l’arrêt des processions de ses habitants. La procession du jeudi a changé de sens, sans doute pour de simples raisons de commodité. Dans les années 1980 la procession du vendredi a été déplacée le soir afin de la préserver d’une mort annoncée. L’emprunt de la route goudronnée plutôt que des anciens chemins devenus impraticables a entraîné un allongement considérable de la durée des processions.

Penser donc que la tradition est figée, que la réalité d’un territoire dont on est témoin de son vivant puisse avoir été semblable par le passé, s’avère bien souvent une pure vue de l’esprit qui ne résiste que par la rareté des traces écrites pouvant décrire notre histoire locale. Les vicissitudes de chaque époque agissent sur les modes de pensée et forcent les hommes à adapter leurs modes de vie et leurs pratiques aux contextes nouveaux.

Il demeure que des gens ont spontanément continué à se revêtir des habits de leurs anciens bien après la disparition des structures confraternelles, à perpétuer des gestes, des usages communautaires venant du fond des âges et dont le sens même nous échappe aujourd’hui, sans jamais y renoncer. 

C’est à tous nos paisani vivants et disparus que nous voulons ici rendre hommage pour le miracle accompli.






(1) Metastasio : en fait, Via crucis écrites par Pietro Metastasio (Pietro Trapassi) poète né à Rome le 3 janvier 1698 et mort à Vienne en Autriche le 12 avril 1782. Ces Via crucis (Teco vorrei Signore, Avec Toi Seigneur je voudrais ...) ont été très largement diffusées dans l’ensemble de la Corse


(2) Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam (Ô Dieu ! aie pitié de moi, dans ta grande miséricorde) est un psaume d’affliction, le Psaume 50 long de vingt-et-un versets.


(3) L’oraison Respice est en fait l’Oratio super populum de la messe du Mercredi Saint (c’est une pratique ancienne de reprendre l’oraison sur le peuple qui conclut les messes de Carême à l’office de vêpres qui les suivent). Du reste, l’oraison Respice est la seule dite à tous les offices du Triduum, depuis vêpres du Mercredi Saint à none du Samedi Saint, elle contribue à l’unité et à l’identité liturgique forte de ces trois jours. 

Réspice, quæsumus Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Jesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium, et crucis subíre torméntum.

Nous vous prions, Seigneur, de regarder en pitié votre famille, pour laquelle notre Seigneur Jésus-Christ n’a point refusé de se livrer entre les mains des méchants, et de souffrir le supplice de la croix.

https://schola-sainte-cecile.com/2013/03/06/la-reforme-de-la-semaine-sainte-de-1955-3eme-partie-loffice-des-tenebres/


(4) Messe des Présanctifiés : On appelle parfois « messe des Présanctifiés » l’office de l’après-midi du Vendredi saint ; cette célébration garde en effet la structure d’une messe, mais, au jour où le Christ est mort, l’Église ne renouvelle pas le sacrifice eucharistique ; la communion qui achève l’office est donnée avec les hosties consacrées la veille — donc « présanctifiées » — à la messe du soir du Jeudi saint.

https://liturgie.catholique.fr/lexique/presanctifies/


(5) Exsúltet jam angélica turba cœlórum (Qu’exulte maintenant la foule des anges du ciel). Dans le Missel Romain, il est prévu de le chanter pendant la célébration nocturne de la vigile pascale, le soir du Samedi saint, dans le chœur de l’église, avant le commencement de la liturgie de la parole, au pied du cierge pascal qui a été allumé au feu nouveau béni à l’extérieur de l’église. 


6 décembre 2019

Vespere di a Madonna - u Silvarecciu, venneri u 6 di dicembre di u 2019 à 7 ore di sera.




Les Vêpres, du latin vesper « soir », font partie de le la liturgie des heures, qui depuis le 13ème siècle est la grande prière quotidienne de l’Eglise.

Les Vêpres sont non seulement l’un des offices les plus anciens dans la tradition de l’Eglise romaine mais aussi toujours celui de rang primordial dans la hiérarchie des offices. Elles sont d’abord un Office de lumière, ou Lucernaire. On allume les lampes, dont la lueur, comme celle de la foi, maintient en respect le ténèbres et annonce la gloire du Christ. Office d’action de grâces et de louange aussi, car tel est le thème des cinq psaumes et de l’hymne des Vêpres. L’expression la plus haute est le Magnificat : dans la gloire de son Assomption, Marie chante la grandeur de Dieu, la glorification de l’humanité rachetée. 

En Corse comme ailleurs, la célébration de la liturgie des heures incombe aux ordres religieux et aux confréries. C’est pourquoi notre patrimoine vocal est riche de témoignages d’offices chantés jusqu’aux années 1950 environ.

A Canturia di Cappella di Pieve d’Ampugnani, associée à a Canturia di Tagliu è l’Isulaccia, a souhaité faire un travail de reconstitution de la cérémonie des Vêpres de la Vierge Marie, basé sur une partie de ce répertoire essentiellement issue de Haute-Corse, afin de rendre à tout un chacun la beauté et la richesse de cet élément de notre patrimoine commun, et d’enrichir encore un peu plus le calendrier liturgique de notre microrégion par de nouveaux moments de partage, de spiritualité, de vie. 


      



31 mai 2019

Corpu di Cristu in u Silvarecciu - Sabatu l’8 di ghjugnu di u 2019




E Cappelle, Corpu di Cristu, Corpus Domini, Fête du Saint-Sacrement, Fête-Dieu, nombreux sont les noms de la plus glorieuse des fêtes catholiques, célébrée autrefois dans nos villages comme partout, dans une grande ferveur.

Le 8 juin à 18h, nous nous proposons de renouer avec cette tradition, mettant une fois de plus nos pas dans ceux de nos anciens, hommes et femmes qui avaient à cœur de préparer au mieux cet événement dans leur village.

Après la messe, le Saint-Sacrement sera exposé puis porté en procession dans son ostensoir étincelant par le prêtre, couvert du traditionnel baldaquin. Deux arrêts au cœur du village d’u Silvarecciu seront marqués aux cappelle, ou autels érigés et décorés par les villageois.

À chaque autel seront dites des prières puis le prêtre donnera la bénédiction aux fidèles présents en brandissant l’ostensoir à bout de bras. À cet instant, les enfants jetteront des pétales de fleurs de leur corbeilles préalablement remplies.



Cette année marquera l’inauguration et la bénédiction de notre dais, ou baldacchinu élaboré avec soin et talent par notre couturière casaltaccia, Lucile Guidoni Bérard.

Pour prolonger ce moment de partage, nous resterons à la salle des fêtes d’u Silvarecciu pour mettre en commun ce que chacun aura eu la gentillesse d’apporter.

U pocu face l’assai ...



      

21 mai 2018

In cima à Sant’Anghjuli - Penticosti 2018

Arricurdemu ci di u fervore di l’antichi, mettendu ancu noi i nostri passi ind’è i soi. Per Penticosti, tutti in Sant’Anghjuli !



Merci à Marie-Pierre, Chantal et Francine Innocenzi pour ces belles photos.

Souvenons-nous de lincroyable démonstration de foi dont étaient capables nos anciens, qui effectuaient une procession de l’église de San Bastianu di u Silvarecciu jusqu’au sommet de Sant’Anghjuli, avec croix et bannières. Comme eux, remontons par ces chemins et allons fleurir les croix, a croce di Serra et a croce in cima. 

23 mars 2018

Serata Crucette cù Natalina - u Silvarecciu

S’avvicina u ghjornu santu di e Palme. Crucette, spighe, pesci è campanili duveranu esse fatti è belli intrecciati per esse benedetti da u prete. Ringraziemu à Natalina Figarella per sta serata d’amparera, di spartera è di tramandera di a nosra tradizione.




Merci à Natalina Figarella, pour sa disponibilité, son talent et sa générosité au service de la défense de nos traditions.



  

23 décembre 2017

Le baroque religieux corse - Silvareccio, Saints-Augustin-et-Sébastien.


Ce texte est extrait de louvrage Le baroque religieux corse - Nicolas Mattei - Editions Albiana. Nous l’avons agrémenté de photos extraites de l’Inventaire général du patrimoine culturel (base Mérimée).






SILVARECCIO - SAINTS-AUGUSTIN-ET-SEBASTIEN

Silvareccio,
Saints-Augustin-et-Sébastien.
Pieve d’Ampugnani, diocèse de Mariana ed’Accia. L’abbé Casta affirme que le vocable de Saint-Sébastien succéda à celui de Saint-Augustin. L’examen de l’église montre que les deux sont étroitement entremêlés. Le plan (voir fig.) est à nef unique étroite avec chapelles latérales entre contreforts, le chœur est très rétréci et se prolonge d’une sacristie encore moins large. L’inventaire rédigé en 1760 par le curé Paulo Maria Friddiani semble mêler les deux et dit que Saint-Augustin - la dédicace ou la construction ? - date de 1748.


Il précise que l’église Saint-Sébastien fut restaurée en 1702. Le couvrement est en berceau percé de lunettes, éclairées seulement au sud. L’église est flanquée d’un magnifique clocher, comme à La Porta complètement disproportionné par rapport à elle. 




Autel secondaire des Âmes du Purgatoire



Autel de la remise du Rosaire




La première chapelle accueille le baptistère. La suivante est celle des âmes du Purgatoire avec un tableau copie de celui de Saint-Jean-Baptiste de Bastia. 
La troisième, à l’autel privé de tout signe, est ornée d’une toile pratiquement illisible figurant, selon l’inventaire de 1760, le martyre de sainte Dévote.
La suivante loge l’autel de la remise du Rosaire. Le don se fait à Dominique, agenouillé à gauche avec son chien blanc et noir tenant le brandon dans sa gueule, et à Catherine à droite. 
En arrière des récipiendaires sont saint Sébastien à gauche et saint Augustin en évêque à droite. Les quinze mystères font comme d’habitude le tour du tableau mais sont soutenus par deux anges à gauche et à droite. En face se tient l’autel de la Crucifixion. Comme sur la fresque peinte par Masaccio à Santa Maria Novella de Florence au début du XVe siècle, le Père offre en sacrifice son fils crucifié. Entre les deux est la colombe. Dans la partie inférieure gauche apparaît encore une fois saint Augustin ; face à lui se tient sainte Lucie présentant, offrant ses yeux sur une coupe. Après la porte sud vient l’autel du Scapulaire, du Mont-Carmel selon l’inventaire de 1760, « Sant’Antonio da Padova con la madona del Carmine e San Michele Arcangelo ». Son tableau montre la Vierge à l’Enfant, saint Michel archange, Antoine de Padoue avec son lys, Pierre et Paul au-dessus d’eux.
Le dernier volume est occupé par une armoire fermée. Toutes ces chapelles, à l’exception du baptistère, sont mentionnées en l760. 




Autel majeur
Tableau de Marie allaitant l'Enfant




L’autel majeur, en arc de triomphe, est dans le style popularisé par les Raffalli. L’arcade laisse voir — mal ! — depuis la nef le tableau placé trois mètres en arrière. Il figure Marie allaitant l’Enfant avec, dans la partie inférieure, saint Augustin et saint Sébastien, encore une fois associés à gauche et à droite. Entre les deux apparaît saint Jean-Baptiste avec son phylactère. Quand on veut bien se rappeler qu’Augustin hésitait sur la question de savoir s’il convenait de donner, dans son adoration, la première place au sang du Christ ou au lait maternel qui l’édifia, on mesure, une fois de plus, l’étendue de la culture religieuse des commanditaires. Dans le fronton est sculptée une Immaculée-Conception avec un cartouche disant « Ego in Altissimis Habito ». De part et d’autre de l’arcade deux tableaux figurent, une fois de plus, saint Augustin, à gauche, et saint Sébastien. Ils sont datés de 1770.



Saint Augustin et saint Sébastien au verso
Bannière
Don du Scapulaire par la Mère et l’Enfant



























Bannière - Immaculée-Conception


Les habitants du village ont eu la gentillesse de nous dérouler deux bannières de procession, ayant sans doute appartenu à des confréries et remisées dans la sacristie. La première montre le don du Scapulaire par la Mère et l’Enfant à saint Antoine de Padoue et saint Michel. Au verso apparaissent saint Augustin et saint Sébastien ! La seconde, peinte sur une seule face, figure l’Immaculée-Conception avec Augustin, à gauche, et saint Michel terrassant le démon (*).


On note bien sûr l’incessante association Augustin/Sébastien mais encore la forte présence de l’Immaculée-Conception et de saint Michel. L’église, jamais consacrée selon le curé Friddiani, aurait-elle été dédiée à l’Immaculée avant de l’être aux saints Sébastien et Augustin ?




Notes :
(*) Il s’agit de saint-Georges et non saint-Michel, terrassant le démon.


9 décembre 2017

Vespere di a Madonna - U Silvarecciu, u 9 di dicembre di u 2017.




Les Vêpres, du latin vesper « soir », font partie de le la liturgie des heures, qui depuis le 13ème siècle est la grande prière quotidienne de l’Eglise.

Les Vêpres sont non seulement l’un des offices les plus anciens dans la tradition de l’Eglise romaine mais aussi toujours celui de rang primordial dans la hiérarchie des offices. Elles sont d’abord un Office de lumière, ou Lucernaire. On allume les lampes, dont la lueur, comme celle de la foi, maintient en respect le ténèbres et annonce la gloire du Christ. Office d’action de grâces et de louange aussi, car tel est le thème des cinq psaumes et de l’hymne des Vêpres. L’expression la plus haute est le Magnificat : dans la gloire de son Assomption, Marie chante la grandeur de Dieu, la glorification de l’humanité rachetée. 

En Corse comme ailleurs, la célébration de la liturgie des heures incombe aux ordres religieux et aux confréries. C’est pourquoi notre patrimoine vocal est riche de témoignages d’offices chantés jusqu’aux années 1950 environ.

A Canturia di Cappella di Pieve d’Ampugnani, associée à a Canturia di Tagliu è l’Isulaccia, a souhaité faire un travail de reconstitution de la cérémonie des Vêpres de la Vierge Marie, basé sur une partie de ce répertoire essentiellement issue de Haute-Corse, afin de rendre à tout un chacun la beauté et la richesse de cet élément de notre patrimoine commun, et d’enrichir encore un peu plus le calendrier liturgique de notre microrégion par de nouveaux moments de partage, de spiritualité, de vie. 


      



1 avril 2017

Via Crucis 2017 - u Silvarecciu

Sabatu u 1u d’aprile di u 2017, sò state celebrate e Via Crucis da prete Carlotti, per sse strette di u Silvarecciu. À sparte stu mumentu di cumunione cù i paisani di Cappella era invitata a Cunfraterna San Roccu di Bastia.




Merci à Marie-Pierre et Francine Innocenzi pour ces belles photos.


13 mars 2017

Via Crucis 2017. U Silvarecciu, sàbatu 1u d'aprile.





Après la cérémonie tout le monde aura la possibilité de se retrouver à la salle des Fêtes de Silvarecciu, pour partager ce que les uns et les autres auront eu la gentillesse d’apporter spontanément.


8 mars 2017

Ripetizione per a Simana Santa

À mumenti ghjunghje u tempu di a Simana Santa è di u rinuvellà di u mondu. Ma da mesi è mesi digià, a Canturìa s’addunisce in quella chjesa San Bastianu di u Silvarecciu, trista, muta è ghjalata. Da chì mantene una fiaculella di vita per e stagioni à vene. Da chì coglie è fà sbuccià un mazzulu di cantu nustrale per l’altri dopu à noi ... 



Bientôt le temps de Pâques viendra nous appeler à nos célébrations de la Semaine Sainte, marquant le déclin et le renouveau du monde. Toujours avec la même passion, la même application, a Canturìa aura passé l’hiver à consolider ce répertoire de chants sacrés qui est le nôtre, en se retrouvant régulièrement sous les voûtes silencieuses et glacées de léglise San Bastianu d’u Silvarecciu

Pour que subsiste une petite flamme de vie et de culture jusqu'à ce que les saisons se montrent plus clémentes. Pour cueillir, faire germer et éclore un patrimoine local riche à disposition de ceux qui viendront derrière nous.

Merci à Philippe Salort pour ces très belles photos.